Encastrée dans une échancrure océanique, Essaouira semble jaillir des eaux, rejetée par les vagues. Murs blanchis à la chaux, portes et fenêtres bleu-indigo. Ville ensorceleuse. Après une première visite, on y revient irrésistiblement. Ville immuable dans ses us et coutumes et dans son train de vie. Ville hors du temps, où la journée n'est ponctuée que par le battement des ailes des mouettes et leur ballet incessant dans le ciel. Ville à la plus forte densité d'artistes et à l'un des niveaux de vie les plus bas du pays. De même qu'ils ne sont jamais pressés, les Souiris ne sont pas exigeants non plus. Pacifiques et optimistes de nature, ils ont la curiosité accueillante à l'égard de l'autre. C'est pourquoi l'autre revient généralement sur les lieux.
Pour toutes ces particularités qui en font une ville unique, Essaouira l'excentrée est devenue un passage obligé pour les amoureux des arts plastiques, de la sculpture sur bois et de la musique. Essaouira a fait le festival des Gnaoua autant que le festival a fait revivre Essaouira. Rencontre d'une cité charmeuse qui se morfondait dans l'oubli, et d'une grande manifestation qui n'est pas qu'artistique. À sa cinquième édition, du 13 au 17 juin, le festival gnaoua d'Essaouira a définitivement démontré qu'au-delà des claquements rythmiques des castagnettes et du son endiablé des tambours, il était porteur d'un message politique et civilisateur, aussi bien pour les Marocains que pour les étrangers.
Car voilà une ville qui, l'espace de quatre jours, reçoit entre 200 et 300.000 visiteurs. Jeunes pour la plupart, venus des quatre coins du Maroc, ils échangent leur joie de vivre et leurs sourires; ils partagent le plaisir d'un moment de bonheur; ils sortent de leurs inquiétudes; ils mettent de côté leurs préoccupations; ils se démarquent de l'adversité et de la compétition qui caractérisent leur vie, pour s'abandonner à un moment de plénitude partagée. Bref, ce sont des milliers de jeunes qui apprennent à faire la fête dans la liesse et la convivialité.
Il n'y a pas de comparaison à faire avec les rave-parties ou les concerts fusion d'Europe. À Essaouira, ce sont les rythmes de transe ancestraux qui fonctionnent sur le public. Ce sont même les raffinements de l'extase soufie qui ne sont plus le privilège de petits cercles d'initiés. En somme, c'est un festival populaire qui profite à toute la ville, avec ses petits métiers et ses petits commerces.
Dans ce festival, il y a aussi des étrangers spécialement venus pour l'occasion et des touristes qui ont succombé au réflexe du retour. À ceux-là, le festival livre un message de paix dans un monde tourmenté, l'image du Maroc de Mohammed VI où, quoi qu'on dise, et quels que soient les problèmes objectifs, il fait bon vivre. Ils auront vu, les hôtes d'Essaouira, que les espérances de développement et la marche vers la démocratie ne sont pas de vains mots, des slogans d'appareils politiques, mais une conviction commune qui aura toujours des chances de se réaliser tant qu'elle est portée par un peuple qui ne désespère pas de son avenir.
Parier sur un véhicule culturel comme moteur de relance d'une ville peut paraître utopique, à la limite audacieux, mais pas impossible. Preuve en est qu'Essaouira sort progressivement de sa torpeur, elle s'anime, elle n'a jamais été aussi attractive. Et elle construit des lendemains qui ne chantent pas qu'à l'occasion du festival des Gnaoua.
Pour toutes ces particularités qui en font une ville unique, Essaouira l'excentrée est devenue un passage obligé pour les amoureux des arts plastiques, de la sculpture sur bois et de la musique. Essaouira a fait le festival des Gnaoua autant que le festival a fait revivre Essaouira. Rencontre d'une cité charmeuse qui se morfondait dans l'oubli, et d'une grande manifestation qui n'est pas qu'artistique. À sa cinquième édition, du 13 au 17 juin, le festival gnaoua d'Essaouira a définitivement démontré qu'au-delà des claquements rythmiques des castagnettes et du son endiablé des tambours, il était porteur d'un message politique et civilisateur, aussi bien pour les Marocains que pour les étrangers.
Car voilà une ville qui, l'espace de quatre jours, reçoit entre 200 et 300.000 visiteurs. Jeunes pour la plupart, venus des quatre coins du Maroc, ils échangent leur joie de vivre et leurs sourires; ils partagent le plaisir d'un moment de bonheur; ils sortent de leurs inquiétudes; ils mettent de côté leurs préoccupations; ils se démarquent de l'adversité et de la compétition qui caractérisent leur vie, pour s'abandonner à un moment de plénitude partagée. Bref, ce sont des milliers de jeunes qui apprennent à faire la fête dans la liesse et la convivialité.
Il n'y a pas de comparaison à faire avec les rave-parties ou les concerts fusion d'Europe. À Essaouira, ce sont les rythmes de transe ancestraux qui fonctionnent sur le public. Ce sont même les raffinements de l'extase soufie qui ne sont plus le privilège de petits cercles d'initiés. En somme, c'est un festival populaire qui profite à toute la ville, avec ses petits métiers et ses petits commerces.
Dans ce festival, il y a aussi des étrangers spécialement venus pour l'occasion et des touristes qui ont succombé au réflexe du retour. À ceux-là, le festival livre un message de paix dans un monde tourmenté, l'image du Maroc de Mohammed VI où, quoi qu'on dise, et quels que soient les problèmes objectifs, il fait bon vivre. Ils auront vu, les hôtes d'Essaouira, que les espérances de développement et la marche vers la démocratie ne sont pas de vains mots, des slogans d'appareils politiques, mais une conviction commune qui aura toujours des chances de se réaliser tant qu'elle est portée par un peuple qui ne désespère pas de son avenir.
Parier sur un véhicule culturel comme moteur de relance d'une ville peut paraître utopique, à la limite audacieux, mais pas impossible. Preuve en est qu'Essaouira sort progressivement de sa torpeur, elle s'anime, elle n'a jamais été aussi attractive. Et elle construit des lendemains qui ne chantent pas qu'à l'occasion du festival des Gnaoua.


